Comparaison entre un développeur frustré face à un code confus et un développeur serein devant une structure organisée et validée.

Les 9 erreurs de programmation faites par les débutants et comment les éviter

Maîtriser la syntaxe d’un langage de programmation ne vous fera jamais éviter les erreurs des développeurs débutants !

Vous avez appris les boucles, les conditions et les fonctions. Vous arrivez à faire fonctionner votre code. Pourtant, trois jours plus tard, vous n’osez plus y toucher de peur que tout s’écroule.
Cela ne changera pas avec le temps, car c’est une question de méthode.

La réalité ? Apprendre la syntaxe d’un langage (Python, JavaScript, Java) est la partie facile. Le vrai défi, c’est de construire une application qu’il est possible de maintenir dans le temps, qui reste compréhensible et surtout qui peut évoluer sans tout réécrire.

Vous pensez que les développeur professionnels codent mieux que vous ? Pas du tout !
Dans ma carrière, j’ai vu du code industrialisé, écrit par des développeurs juniors comme seniors, qui contiennent les mêmes erreurs fondamentales. Ces erreurs ne concernent pas la syntaxe ou la logique, mais la façon de concevoir et d’implémenter la solution technique.

Dans cet article, je vous présente les 9 erreurs les plus courantes que j’ai observées et qui séparent les débutants des développeurs chevronnés.

Pourquoi ces erreurs sont-elles si importantes à éviter ?

Avant de plonger dans le détail de chaque erreur, comprenons pourquoi elles sont si critiques.

Ces erreurs ne font pas planter votre programme. Votre code fonctionne, l’application livre les bonnes fonctionnalités, car vous les avez normalement validées. Le problème apparaît plus tard :

  • Quand vous devez modifier une petite fonctionnalité et que vous réalisez qu’il faut tout réécrire.
  • Quand un collègue reprend votre code et ne comprend rien à votre code.
  • Quand vous revenez sur vos propre lignes trois mois plus tard et que vous ne reconnaissez plus ce que vous avez écrit.

La différence entre un code amateur et un code professionnel, ce n’est pas sa performance ou son élégance. C’est sa maintenabilité.

Un code maintenable, c’est un code qu’on peut faire évoluer sans que tout explose. C’est un code qu’on peut comprendre rapidement. C’est un code où modifier une partie n’affecte pas le reste de l’application.

Et c’est exactement ce que vous allez apprendre à faire en évitant ces 9 erreurs.

Erreur 1 – L’erreur de la « variable isolée » : Mal structurer ses données

L’une des erreurs les plus fréquentes chez les débutants, c’est de créer des variables indépendantes au lieu de structurer logiquement les données.

Imaginez que vous devez retrouver la liste d’articles connexes à un produit dans une boutique en ligne. Un code amateur pourrait ressembler à ceci :

const title1 = "Quelle est la meilleure focale pour un vlog ?";
const title2 = "Comment choisir son stabilisateur ?";

const url1 = "https://exemple.com/focale-vlog";
const url2 = "https://exemple.com/choisir-stabilisateur";

const description1 = "Découvrez les meilleures focales pour vos vidéos de vlog.";
const description2 = "Un guide complet pour choisir le stabilisateur adapté à vos besoins.";

Le problème ? Chaque information est stockée dans une variable isolée (titre1url1description1, etc.). Si vous devez ajouter un troisième article, vous devez créer trois nouvelles variables (titre3url3description3), et ainsi de suite.

Le risque : Un code impossible à maintenir

Cette approche crée une complexité qui peut rapidement exploser lors des évolutions. Chaque nouvelle donnée nécessite de créer de nouvelles variables isolées. On doit souvent dupliquer du code, et certaines opérations deviennent fastidieuses.

De plus, rien ne garantit la cohérence : vous pourriez facilement avoir un ratingStar1 comme valeur optionnelle, mais oublier de définir ratingStar2, voire pire, mélanger les indices.

La solution : Regrouper les données logiquement

Un développeur professionnel structure ses données. Voici comment résoudre ce problème :

const articles = [
    {
        title: "Quelle est la meilleure focale pour un vlog ?",
        url: "https://exemple.com/focale-vlog",
        description: "Découvrez les meilleures focales pour vos vidéos de vlog.",
        ratingStar: 4.5,
    },
    {
        title: "Comment choisir son stabilisateur ?",
        url: "https://exemple.com/choisir-stabilisateur",
        description: "Un guide complet pour choisir le stabilisateur adapté à vos besoins.",
    }
];

Maintenant, vous pouvez facilement :

  • Itérer sur tous les articles : for (const article of articles) { …​ }
  • Ajouter un nouvel article : articles.push(newArticle)
  • Filtrer par nombre d’étoiles : articles.filter(article ⇒ article.ratingStar !== undefined && article.ratingStar > 4)

Erreur 2 – Le code « énigme » : Des noms confus

L’erreur de nommage

Une variable nommée d pour « distance » semble claire sur le moment. Trois semaines plus tard, quand vous relisez votre code, c’est un mystère complet.

Voici un exemple typique :

function compute(a, b, c) {
    let d = a * b;
    let r = d - c;

    let r2 = 0;
    if (d != 0) {
        r2 = 1 - r / d;
    }

    return r2;
}

Que fait cette fonction ? Impossible de la comprendre sans l’analyser ligne par ligne, savoir à quoi elle sert et comment elle est utilisée. Maintenant, comparons le avec un code bien nommé :

function computeCommercialDiscount(unitPrice, quantity, discount) {
    let grossAmount = unitPrice * quantity;
    let netAmount = grossAmount - discount;

    let discountPercent = 0;
    if (grossAmount != 0) {
        discountPercent = 1 - netAmount / grossAmount;
    }

    return discountPercent;
}

La différence ? C’est la même fonction, mais en quelques secondes, vous comprenez exactement ce qu’elle fait sans avoir à analyser le traitement ou le contexte dans lequel elle est appelée.

Le conseil : Des noms explicites et cohérents

Voici des règles d’or du nommage :

  • Les fonctions : Utilisez un verbe d’action (computefetchsavevalidate).
  • Les variables : Utilisez des noms qui décrivent le contenu (totalcurrentUserarticles).
  • La nature : Respectez les conventions d’écriture (TVA_TAUXTIMEOUT_MILLISECONDS pour les constantes, isActive pour les booléens, etc.).
  • Évitez les abréviations : usrutilisateur, tmptemporaire, nbnombre.

L’objectif est de rendre le code auto-explicatif. Si vous devez ajouter un commentaire pour expliquer ce que fait une variable, c’est que son nom n’est pas assez clair.

Erreur 3 – Les commentaires « évidents » vs la documentation utile

Si vous évitez déjà les deux premières erreurs, la quantité de commentaires nécessaire dans votre code diminue naturellement. Pour autant, ils restent essentiels. Leur rôle n’est pas d’expliquer le quoi ni le comment, mais le pourquoi !

Par exemple, écrire // On ajoute 1 à i ou // On boucle sur les utilisateurs n’aide personne. L’erreur classique est donc d’ajouter des commentaire plutôt que de documenter correctement le code.

L’erreur des commentaires inutiles

Voici des exemples de commentaires qui ne servent à rien :

// On ajoute 1 à i
i++;

// On boucle sur les utilisateurs
for (const user of users) {
    // On affiche le nom
    console.log(user.name);
}

Le problème ? Ces commentaires ne font que répéter ce que le code dit déjà. Ils créent du bruit à la lecture et doivent être maintenus en même temps que le code…​

Vous doublez donc votre charge de travail pour rien, car lorsque vous modifiez le code, vous devez aussi modifier les commentaires associés.

La documentation qui apporte de la valeur

Un bon commentaire explique le pourquoi, pas le comment :

/**
 * Calcule le prix final après application des réductions et de la TVA.
 *
 * @param {number} basePrice - Le prix de base du produit en euros.
 * @param {Object} user - L'utilisateur qui effectue l'achat.
 * @return {number} Le prix final TTC avec les réductions applicables.
 */
function computeFinalPrice(basePrice, user) {
    let price = basePrice;

    // Les clients premium ont droit à 15% de réduction
    //  (politique commerciale de l'entreprise depuis janvier 2026)
    if (user.isPremium) {
        price *= 0.85;
    }

    // Application de la TVA française
    return price * 1.20;
}

Le conseil : Utilisez les standards de votre langage

Chaque langage a ses conventions de documentation, utilisez-les pour documenter vos fonctions en détail :

  • Python : Les docstrings avec le format Google ou NumPy,
  • JavaScript : JSDoc avec les annotations de type,
  • Java : Javadoc,
  • C# : XML Documentation Comments.

L’avantage ? Votre IDE peut exploiter ces commentaires pour vous proposer de l’autocomplétion intelligente et afficher la documentation au survol des fonctions. C’est particulièrement utile pour gagner du temps lorsque les noms de fonctions sont longs ou complexes.

D’ailleurs, si vous ne savez pas ce qu’est un IDE ou un bon éditeur de code, je vous invite à le découvrir dans cet article sur les 5 outils indispensables pour commencer à coder.

Erreur 4 – Le « Code First » ou l’absence de réflexion préalable

L’envie de voir le résultat immédiatement pousse à coder trop vite. C’est très tentant d’ouvrir l’éditeur et commencer à écrire du code pour concrétiser son idée.

Schéma représentant la boucle sans fin de l'erreur "code first" opposée à la bonne méthode avec étape préalable de conception.

Le problème ? Sans réflexion préalable, on oublie des cas d’usage importants. On structure mal l’application et parfois, on finit par devoir réécrire une grande partie du code.

Le risque : Perdre du temps et de l’argent en recommençant

J’ai vu des développeurs passer une semaine à coder une fonctionnalité, pour réaliser vers la fin de son développement qu’il était très difficile d’intégrer les quelques derniers cas particuliers.

Résultat : il a fallu revoir 50 % du code pour pouvoir gérer ces cas et avoir un code suffisamment maintenable. Au final, nous avons passé 9 jours au lieu de 5.

Le conseil : 15 minutes de papier valent mieux que des rustines de code

Avant de coder, prenez le temps de :

  1. Définir clairement le problème : Qu’est-ce que l’application doit faire exactement ?
  2. Lister les cas d’usage : Quels sont les scénarios d’utilisation normaux et exceptionnels ? Quels scénarios pourraient émerger plus tard ?
  3. Dessiner l’architecture : Quelles sont les grandes parties de l’application et comment communiquent-elles ?
  4. Identifier les données : Quelles informations doivent être stockées ? Comment les structurer ?

La méthode que je préfère c’est de passer sur du papier. Même avec plus de 10 ans d’expérience, certaines problématiques méritent une réflexion avant de se jeter dans le code. Donc, il m’arrive de :

  • Dessiner l’architecture globale sur une feuille,
  • Écrire un diagramme de flux pour les processus complexes,
  • Lister les entités et leurs relations,
  • Noter les éléments critiques,
  • Etc.

Un bon développeur, c’est celui qui prend le temps de réfléchir avant de coder.

Erreur 5 – Réinventer la roue par peur de l’inconnu

L’un des problèmes chez les débutants est la méfiance envers les librairies et frameworks existants. J’en ai également fait les frais à mes débuts et les raisons sont multiples :

  • Questionnement sur les droits d’auteur et d’utilisation,
  • Librairies à première vue complexes,
  • Temps d’apprentissage long avant d’exprimer ses idées,
  • Peur de choisir la « mauvaise » librairie,
  • Etc.

On préfère donc souvent recoder soi-même des fonctionnalités pour les maîtriser, avec l’illusion d’avancer plus vite. Mais généralement, notre solution est moins robuste, moins évolutive et moins performante que des librairies éprouvées.

La réalité : Les professionnels s’appuient sur des outils robustes

Dans le monde professionnel, on évite de réinventer la roue. Avec l’expérience, on sait que les bibliothèques populaires ont été testées dans des milliers de scénarios réels. Donc, il est plus sûr et plus efficace de les utiliser, quitte à adapter légèrement la librairie à ses besoins.

En effet, s’appuyer sur des bibliothèques éprouvées permet avant tout d’être compétitif et de livrer plus rapidement des solutions fiables. De plus, en utilisant des outils standards, vous acquérez des compétences réutilisables dans d’autres projets et équipes.

Au final, comparé à une solution maison, sur le long terme, vous gagnez du temps, réduisez les bugs et facilitez la maintenance.

Savoir exploiter la documentation pour éviter cette erreur

Apprendre à lire et utiliser la documentation d’une librairie est une compétence plus précieuse que de recoder un système complexe.

Outre les bénéfices déjà mentionnés :

  • Gain de temps : Fonctions prêtes à l’emploi, optimisées et testées.
  • Moins de bugs : D’autres développeurs ont déjà essuyé les plâtres.
  • Maintenance facilitée : Les bibliothèques sont maintenues et mises à jour régulièrement par la communauté.
  • Standards de l’industrie : La collaboration avec d’autres développeurs est facilitée.

Le bénéfice majeur est que vous pouvez vous concentrer sur la logique métier spécifique à votre application, plutôt que de perdre du temps sur des détails techniques ayant peu de valeur ajoutée pour votre projet ou votre client.

Erreur 6 – La POO : Une puissance souvent sous-estimée

Bien que les développeurs débutants apprennent souvent les bases de la Programmation Orientée Objet (POO), il l’exploitent rarement, voire pas du tout dans leurs projets réels.

Et pour cause : la POO introduit une couche de complexité supplémentaire qui peut sembler inutile puisqu’on peut faire fonctionner une application sans elle.

Pourtant, la réalité est tout autre. La POO est essentielle pour créer des applications testables et maintenables.

Pourquoi négliger la POO est une erreur ?

Sans POO, vous écrivez du code procédural où toutes vos instructions sont fortement couplées. Cela rend le code difficile à tester, à faire évoluer ou à réutiliser, car chaque fonction dépend directement des autres et parfois de données globales ou externes (base de données, fichiers, etc.).

Prenons un exemple concret : le traitement d’une commande dans une application e-commerce.

function processOrder(orderId) {
    // Récupération de la commande depuis la base de données
    const orderRow = database.query("SELECT * FROM orders WHERE id = ?", orderId);

    // Calcul du total
    let total = orderRow.unitary_price * orderRow.quantity;

    // Application des réductions
    if (orderRow.client_type === "premium") {
        total *= 0.9; // 10% de réduction
    }

    // Enregistrement du total en base
    database.execute("UPDATE orders SET total = ? WHERE id = ?", total, orderId);
}

Les problèmes :

  • Impossible de tester sans base de données réelle
  • La logique métier est mélangée avec l’accès aux données
  • Difficile de réutiliser sans modifications

Avec la POO, le code ressemblerait à ceci :

class SqlOrderRepository {
  constructor(database) {
    this.db = database;
  }

  getById(id) {
    return this.db.query('SELECT * FROM orders WHERE id = ?', id);
  }

  saveTotal(id, total) {
    this.db.execute('UPDATE orders SET total = ? WHERE id = ?', total, id);
  }
}

function processOrder(repository, orderId) {
    // Récupération de la commande depuis la base de données
    const orderRow = repository.getById(orderId);

    // Calcul du total
    let total = orderRow.unitary_price * orderRow.quantity;

    // Application des réductions
    if (orderRow.client_type === "premium") {
        total *= 0.9; // 10% de réduction
    }

    // Enregistrement du total en base
    repository.saveTotal(orderId, total);
}

De cette manière, la logique métier est découplée de l’accès aux données. Nous pourrions facilement remplacer SqlOrderRepository par une version factice pour les tests ou une autre implémentation (API, fichier, NoSQL, etc.).

L’avantage : Tests unitaires et design patterns

Avec la POO, vous pouvez :

  • Tester facilement : Créer des objets de test sans dépendre de la base de données
  • Appliquer les Design Patterns : Factory, Strategy, Observer, etc.
  • Respecter les principes SOLID : Séparation des responsabilités, inversion de dépendances, etc.

C’est un gain majeur en termes de maintenabilité et d’évolutivité pour des applications professionnelles.

Erreur 7 – Sous-estimer l’importance des tests unitaires

Une erreur fréquente chez les développeurs juniors est de négliger les tests unitaires (TU), ou pire, de ne pas en faire du tout.

L’erreur : des applications testées superficiellement

Assez intuitivement, on teste rapidement son code en le lançant et en vérifiant que la fonctionnalité marche. Puis, on rajoute des fonctionnalités, et on reteste manuellement. Rapidement, on revient sur du code ancien, soit pour étendre un comportement, soit pour en améliorer un aspect (refactoring, optimisation, etc.). Malheureusement, on oublie de retester les anciennes fonctionnalités et c’est là que les bugs apparaissent !

Les tests unitaires sont essentiels pour valider notre application. Mais, s’ils ne sont pas automatisés, on ajoute une charge de travail importante avec le risque d’oublier des cas.

C’est là que les débutants font l’erreur. Parfois, ils ne savent même pas ce que sont les tests unitaires automatisés. En résumé, ils n’ont pas de bonne méthodologie pour tester correctement leur code.

Les développeurs professionnels, quant à eux, automatisent les tests unitaires avec des frameworks adaptés à leur langage (Jest, pytest, JUnit, NUnit, etc.). Les cas de tests sont écrits pour chaque fonctionnalité, couvrant les cas normaux et les cas d’erreur.

Les avantages des tests unitaires automatisés

Les tests unitaires automatisés sont votre filet de sécurité et vous permettent de :

  1. Détecter les bugs rapidement : Avant même de lancer l’application
  2. Faciliter les refactorings : Améliorer le code en toute confiance
  3. Documenter le comportement : Les tests montrent comment utiliser votre code ou qu’il respecte les spécifications
  4. Accélérer le développement : Les tests automatisés durent quelques secondes contre plusieurs minutes/heures pour des tests manuels. Vous avez donc un feedback immédiat.

Exemple de test unitaire en JavaScript avec le framework Mocha :

const assert = require('assert');

describe('computePriceWithTax', function() {
    it('should apply 20% for French clients', function() {
        assert.strictEqual(
            computePriceWithTax(1, 'fr'),
            1.2,
        );
    });

    it('should apply 21% for Spanish clients', function() {
        assert.strictEqual(
            computePriceWithTax(1, 'es'),
            1.21,
        );
    });
});

Le conseil : Testez au fur et à mesure

N’attendez pas d’avoir terminé votre application pour écrire les tests. Adoptez une approche incrémentale :

  • Écrivez un test pour chaque nouvelle fonctionnalité
  • Testez les cas normaux ET les cas d’erreur
  • Visez une couverture de code d’au moins 80 % sur l’ensemble du code et 100 % sur les parties critiques ou métier

En pratique, vous pouvez commencer par écrire des tests unitaires puis implémenter vos fonctions, c’est ce qu’on appelle le TDD (Test Driven Development). Ou bien écrire les tests après avoir implémenté la fonctionnalité principale, qui est une méthode plus flexible (et que je préfère).

Si vous n’avez jamais écrit de tests unitaires, vous pouvez consulter mon article sur le mocking de services avec Jasmine où je présente un cas concret.

Erreur 8 – Vouloir faire complexe alors que « Simple is better »

Plus vous progressez en programmation ou dans un langage, plus vous découvrez de fonctionnalités et des syntaxes avancées. C’est souvent tentant de les utiliser pour montrer la maîtrise d’une technologie.

Mais, la réelle compétence d’un développeur réside dans sa capacité à produire un code clair et maintenable. L’art d’utiliser les bonnes abstractions au bon moment, sans complexifier inutilement le code.

L’erreur : Confondre complexité et qualité

Reprenons l’exemple de l’erreur sur la POO. Un développeur junior pourrait être tenté d’utiliser des patterns complexes (Factory, Singleton, Observer, etc.).

Pourtant, la version que je vous ai proposée plus haut utilise une seule classe (SqlOrderRepository) et une fonction simple (processOrder) :

  • La classe encapsule l’accès aux données et facilite les tests unitaires automatisés
  • La fonction exécute la logique métier tout en restant simple et lisible

J’aurais pu complexifier le code avec un pattern Strategy pour gérer la politique de réduction selon le type de client, mais cela aurait alourdi le code sans réel bénéfice dans ce cas précis.

Le principe : écrire un code modulaire et testable

Deux grand principes s’opposent dans le développement logiciel :

  • Coder une solution qui fonctionne rapidement : utile pour les prototypes ou les POCs
  • Coder une solution qui reste maintenable dans le temps : indispensable pour les applications industrialisées

Un bon développeur est celui qui privilégie la maintenabilité, car coder vite au début peut coûter très, très cher à long terme.

Pour cela, il faut viser le bon équilibre entre abstraction et simplicité :

  • Modularité : Diviser le code en petites unités (fonctions, classes) avec une responsabilité CLAIRE et UNIQUE.
  • Clarté : Privilégier la lisibilité et la simplicité avant la performance ou l’élégance. D’autres développeurs passeront après vous ! Ils doivent comprendre rapidement votre code.
  • Testabilité : Concevez le code pour qu’il puisse être testé facilement avec des tests unitaires automatisés.

Erreur 9 – Connaître la syntaxe est insuffisant : le développement va au-delà du code

C’est l’erreur fondamentale qui englobe toutes les autres.

Pour apprendre à programmer, nous cherchons sur Google « comment apprendre à coder en <langage> » ou « coder une application <type>« . Mais, votre point d’entrée dans le développement logiciel est erroné.

Un langage de programmation est un outil. Il vous permet d’exprimer les instructions que l’ordinateur doit exécuter. Mais développer un logiciel, ce n’est pas juste coder des instructions !

La réalité : Coder un projet réel est bien plus vaste

Le développement logiciel, c’est maîtriser l’ensemble du cycle de vie d’une application :

  • Analyser le problème et concevoir une solution
  • Structurer les données et l’architecture
  • Écrire un code maintenable qui est testé
  • Savoir déboguer efficacement quand des problèmes surviennent
  • Versionner son code (avec Git notamment) pour collaborer et suivre l’historique
  • Packager et déployer l’application
  • Maintenir et faire évoluer le code dans le temps

Sans planification claire (analyse et conception) votre application sera un nid de bugs. Sans tests automatisés, ni méthode de débogage, vous passerez des heures à traquer des erreurs, peut être même sans succès. Sans versioning, vous aurez du mal à collaborer avec d’autres développeurs ou travailler efficacement.

Si vous voulez approfondir ces notions, découvrez les 4 concepts pour débuter la programmation avant de coder.

Les compétences complémentaires essentielles

  • Savoir valider son code : Tests unitaires, tests d’intégration et tests fonctionnels
  • Savoir déboguer : Utilisation d’un debugger, lecture des logs, analyse des erreurs
  • Savoir versionner : Utiliser un logiciel de gestion de versions (Git, SVN), travailler sur des branches, gérer les conflits, etc.
  • Savoir packager et distribuer : On code rarement pour soi-même. Savoir packager son application et la déployer est essentiel pour l’ouvrir aux utilisateurs cibles.

Conclusion : Du code amateur au développement professionnel

Éviter les 8 premières erreurs est déjà un grand pas vers le développement professionnel. Mais le chemin ne s’arrête pas là, c’est en évitant la 9ème erreur que vous deviendrez un excellent développeur : Être capable de concevoir, structurer, tester, déployer et maintenir une application, c’est ce qui fait la différence entre un amateur et un professionnel.

Bien évidemment, la transition entre amateur et développeur logiciel professionnel nécessite d’acquérir ces compétences fondamentales.

C’est pour vous accompagner dans cette transition que j’ai écrit le livre « Apprendre à programmer ses premières applications ».
Il couvre l’ensemble du cycle de vie d’une application, de la conception initiale jusqu’au déploiement, en passant par les bonnes pratiques de codage, les tests et le versioning.
Alors, n’attendez plus pour progresser : découvrez le livre dès maintenant.

Bien sûr, la théorie ne suffit pas. La pratique est essentielle pour assimiler ces notions. Donc, mettez-les en œuvre dans vos projets personnels ou professionnels. Identifiez les erreurs que vous faites le plus souvent et concentrez-vous sur leur correction.

Je n’ai aucun doute sur votre capacité à réussir sur ce chemin, alors lancez-vous et bon code ! 🚀

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